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Livre blanc

Archiver en Côte d'Ivoire

Cadre juridique, bonnes pratiques et points de vigilance pour l'archivage électronique.

Pourquoi ce livre blanc

De nombreuses organisations ivoiriennes souhaitent dématérialiser leurs documents : pour gagner de la place, retrouver plus vite l'information, sécuriser leur mémoire face aux sinistres. Une question revient toujours : un document numérique a-t-il la même valeur qu'un original papier ? Et que faut-il respecter pour qu'il la garde ?

Ce document présente les repères du cadre ivoirien et les bonnes pratiques qui en découlent. Il s'adresse aux directions générales, juridiques, financières et informatiques. Il ne remplace pas l'avis d'un juriste : chaque organisation doit faire valider son dispositif selon son secteur et ses obligations propres.

Les textes de référence

La Côte d'Ivoire dispose d'un ensemble de textes relatifs à la confiance numérique, recensés notamment par l'ANSSI Côte d'Ivoire.

TexteObjet
Loi n°2013-546Transactions électroniques. Reconnaît l'écrit électronique et définit l'archivage électronique sécurisé comme l'ensemble des modalités de conservation et de gestion destinées à garantir la valeur juridique des archives électroniques pendant la durée nécessaire.
Loi n°2013-450Protection des données à caractère personnel : collecte, traitement, transmission, stockage et utilisation.
Décret n°2014-106Conditions de l'écrit et de la signature électroniques.
Décret n°2016-851 du 19 octobre 2016Modalités de mise en œuvre de l'archivage électronique.
Décret n°2021-916Référentiel général de sécurité des systèmes d'information (RGSSI).

L'ARTCI est l'autorité de protection des données personnelles. L'ANSSI Côte d'Ivoire intervient sur la sécurité des systèmes d'information et la confiance numérique.

Ce qui fait la valeur d'une archive électronique

Les textes et les normes internationales convergent sur quatre exigences. Une archive électronique conserve sa valeur si l'on peut démontrer :

  • son origine : qui l'a produite ou reçue, dans quel contexte ;
  • son intégrité : elle n'a pas été modifiée depuis son archivage, ce que l'on prouve par une empreinte cryptographique et un journal ;
  • sa date : idéalement par un horodatage délivré par un tiers de confiance ;
  • sa lisibilité pendant toute sa durée de conservation, grâce à des formats pérennes et à une politique de préservation.

C'est la différence entre un simple stockage et un système d'archivage électronique : le second documente et garantit ces quatre points.

Durées de conservation : la règle d'or

Combien de temps garder ses factures, contrats, dossiers du personnel, procès-verbaux ? La réponse dépend de la réglementation applicable, du secteur, des besoins de preuve et des engagements contractuels. Une durée de conservation ne s'invente pas : elle se fonde sur un texte ou une décision motivée, et elle est validée par un juriste.

Notre recommandation : formaliser un référentiel de conservation qui indique, pour chaque série de documents, la durée, l'événement déclencheur (fin de contrat, départ d'un salarié, clôture d'exercice), le sort final et le fondement. C'est ce référentiel que la plateforme appliquera ensuite automatiquement.

Données personnelles : intégrer la protection dès la conception

Les archives contiennent énormément de données personnelles. La loi n°2013-450 s'applique donc pleinement aux projets d'archivage :

  • conserver pour une finalité définie, et pas « au cas où » ;
  • limiter la durée de conservation des données personnelles ;
  • restreindre et tracer les accès, chiffrer les données sensibles ;
  • permettre l'exercice des droits des personnes dans les conditions prévues par la loi ;
  • encadrer les prestataires (hébergement, numérisation) par contrat.

Numériser puis détruire le papier ?

C'est l'une des questions les plus sensibles. La numérisation fidèle d'un document, conservée dans un système d'archivage électronique conforme, peut dans certains cas se substituer à l'original. Mais tous les documents ne s'y prêtent pas : actes authentiques, titres, documents pour lesquels un texte exige l'original.

Notre position : ne jamais détruire d'originaux sans une analyse juridique documentée, série par série. En attendant, la numérisation sert à la consultation et à la sauvegarde, et les originaux sont inventoriés, localisés et conservés dans de bonnes conditions.

Notre check-list

  • Un inventaire des fonds papier et numériques existe.
  • Un plan de classement commun est validé.
  • Un référentiel de conservation est rédigé et validé par un juriste.
  • Les documents archivés reçoivent une empreinte et sont tracés dans un journal.
  • Les formats de conservation sont pérennes (PDF/A pour les documents).
  • Les accès sont nominatifs, limités et revus au moins une fois par an.
  • La sauvegarde suit la règle 3-2-1 et la restauration est testée.
  • Les prestataires sont encadrés par contrat (sécurité, confidentialité, localisation des données).
  • Aucune destruction d'original sans analyse juridique documentée.
  • Le dispositif a été revu par un archiviste, un juriste et un expert en sécurité.

Ce livre blanc a une valeur informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un diagnostic de votre situation, demandez un audit.